Marcher, dormir, recommencer : ce que la randonnée m'a appris sur le repos

Marcher, dormir, recommencer : ce que la randonnée m'a appris sur le repos
Rate this post

Marcher, dormir, recommencer : ce que la randonnée m'a appris sur le repos

Je marche beaucoup. Pas par discipline sportive, plutôt par incapacité à rester assis plus d’une heure d’affilée. La semaine dernière, j’ai avalé vingt-deux kilomètres entre deux vallées du Morvan, sac au dos, avec dans la poche un carnet où je note des choses sans queue ni tête. À la fin de la journée, mes jambes tremblaient et j’ai dormi neuf heures d’un trait. Neuf heures. Je n’avais pas fait ça depuis des années.

Voilà où je veux en venir : le sommeil ne se décrète pas. On peut acheter des tisanes, écouter des applis de méditation, s’endormir avec un masque sur les yeux. Ça aide vaguement. Mais la fatigue vraie, celle qui vient du corps, fait autre chose. Elle parle une langue que les somnifères ignorent.

Le corps d’abord, la tête suit

Dans mon entourage, plusieurs personnes souffrent d’insomnie chronique. Elles ont tout essayé. Je leur dis souvent la même chose, et ça les agace : commencez par dépenser votre corps. Pas à la salle, pas en trente minutes de vélo d’appartement. Marchez. Longtemps. Dehors.

Un médecin généraliste que je connais depuis quinze ans m’a confié qu’il prescrivait parfois des « sorties longues » à ses patients anxieux. Rien de mystique là-dedans. La marche prolonged diminue le cortisol, joue sur la température corporelle, et cette baisse thermique en fin de journée est justement un des signaux que le cerveau associe à l’endormissement. Le mécanisme est banal et pourtant presque personne ne l’utilise.

Lisez aussi cet article :   La javel est-elle efficace pour le traitement de la mycose des ongles de pieds ?

Marcher huit heures dans la journée, ça n’a rien à voir avec une promenade digestive.

Changer de lit pour changer de nuit

Il y a trois ans, j’ai passé une semaine dans une vieille ferme reconvertie en hébergement, en Bourgogne. Rien de luxueux. Des murs épais, des volets qu’on ferme à la main, un silence qui surprend au début. Les deux premières nuits, j’ai mal dormi. La troisième, quelque chose s’est débloqué. Je me suis réveillé avant la lumière, sans réveil, avec cette sensation étrange d’avoir une tête vide et propre.

Le lieu comptait pour beaucoup. Je m’en suis rendu compte en repensant à cette expérience, et en discutant avec des gens qui pratiquent ce qu’on appelle parfois les « séjours de récupération », une semaine à la campagne, sans écran, avec de longues marches quotidiennes. Certains hébergements ruraux sont pensés exactement pour ça : gite-laferme.com propose par exemple des gîtes à la ferme où l’on retrouve ce rythme simple, lever tôt, journée dehors, coucher quand la nuit tombe. Pas un remède. Un cadre.

Ce qui change, dans ces endroits, ce n’est pas le matelas. C’est l’absence de bruit artificiel, la lumière du jour qui tombe vraiment quand elle tombe, la possibilité de marcher deux heures sans croiser une voiture.

Trois choses à ne pas négliger

Si l’idée vous tente, voilà ce que j’ai retenu de mes propres tentatives, y compris des ratées.

  • Partir au moins quatre nuits. En deux jours, le corps n’a pas le temps de se recalibrer, on rentre aussi fatigué qu’on est arrivé.
  • Marcher le matin, pas le soir. La lumière du jour en début de journée recale l’horloge interne bien mieux qu’une lampe de bureau.
  • Accepter de s’ennuyer. C’est souvent dans les deux premières heures creuses qu’on sent le système nerveux ralentir. Il faut passer par là.
Lisez aussi cet article :   Cbd pas cher : guide complet pour faire le bon choix

Je ne prétends pas que la campagne guérit l’insomnie. J’ai connu des gens qui dormaient mal au fin fond de l’Aubrac. Le repos n’est pas un lieu, c’est un état, et il se construit avec des gestes répétés qu’on finit par oublier tant ils sont simples.

Et si on s’autorisait le vide ?

Entre deux consultations, entre deux mails, on remplit tout. On a l’impression d’avancer. On avance surtout vers un point de rupture qu’on ne voit pas venir.

Le sommeil ne se rattrape pas le dimanche. Il se prépare toute la journée, dans les heures qu’on décide de ne pas occuper. Une marche de trois heures, un dîner tôt, un livre au lieu d’un écran. Ça ne coûte rien et pourtant c’est ce qu’on abandonne en premier quand la vie accélère.

Une dernière chose, et je la tiens de quelqu’un qui dort mieux que moi depuis vingt ans : il ne cherche pas à bien dormir. Il cherche à bien vivre sa journée. La nuit suit.